A VOS AGENDAS


Le 12 septembre 2019

Bureau National 

Fin septembre - début octobre

la rentrée de l'UTIP

"macro et micro nutrition"

 

 

 

LE MOT DU PRÉSIDENT

Alain Guilleminot

Alain GUILLEMINOT

 

L'UTIP accompagne les officinaux pour les aider à délivrer des messages de prévention auprès des patients

 

La prévention est intimement liée au suivi et à l'accompagnement des patients. Nos cycles de formations sur le bilan partagé de médication comprennent des thèmes (tels que l'observance ou la iatrogénie) qui se prêtent tout particulièrement au déploiement de la prévention. Durant ces formations, nous apprenons au pharmacien à délivrer des messages clairs aux patients sur le suivi de leurs traitements. Quelques informations clés fournis par l'officinal lors des bilans de médication peuvent aider le patient à prévenir la iatrogénie médicamenteuse ou les problèmes d'observance.

 

L'entretien motivationnel est une démarche entreprise par le pharmacien pour amener le patient, de façon naturelle, à prendre les bonnes décisions concernant sa pathologie (par exemple : pour amener une personne asthmatique à arrêter de fumer). Plus le pharmacien se forme, plus il est à l'aise pour mener les entretiens motivationnels. Il acquiert ainsi les bons réflexes pour parler de prévention santé auprès de sa patientèle.


 

1er Congrès interprofessionnel de Lannion


Le premier défi en gériatrie est de préserver l’autonomie de nos aînés Le pharmacien d’officine occupe à ce niveau une place prédominante : la personne âgée vient à l’officine au moins trois fois par mois, souligne Thierry Barthelmé, past-président de l’UTIP. Le pharmacien d’officine a un rôle important dans toutes les missions de type PAERPA (personnes âgées en risque de perte d’autonomie) : prévention de l’iatrogénie médicamenteuse, surveillance de l’observance des traitements, prévention vaccinale, repérage de la fragilité, intervention dans la prévention des chutes, de la dénutrition et optimisation de leur prise en charge, …. Le partage des données avec les autres professionnels de santé et la coordination des acteurs de ville est essentielle pour l’accompagnement optimal de personnes vulnérables et cumulant de nombreux facteurs de risques. Le pharmacien doit aussi être vigilant par rapport à la maltraitance. Cette dernière malheureusement existe, notamment à l’égard de patients souffrant de démence. Elle est souvent mal dépistée remarque le Docteur Christian Defouilloy (unité médico-judiciaire, CHU Amiens).
Patient âgé malade et/ou en fin de vie : mieux adapter les modes de prise en charge
Certains problèmes liés au grand âge, tels la douleur, l’escarre en fin de vie (la plus fréquente des plaies chroniques) et l’arrêt des thérapeutiques actives ont été évoqués.
La douleur constitue le symptôme majeur rapporté par les patients âgés. Les traitements existent, adaptés jusqu’aux soins palliatifs. Le Dr Nathalie Le Reste, coordonnatrice EHPAD/CH de Lanmeur remarque que la douleur est encore insuffisamment évaluée et insiste sur le fait qu’elle est un facteur de risque important de décompensation. Il s’agit d’un symptôme qui doit alerter. Que ce soit en EHPAD ou en ville, il faut la dépister à tout moment et la traiter efficacement.
La prise en charge de l’escarre en fin de vie s’effectue dans un contexte particulier : la cicatrisation et/ou la guérison ne constitue plus l’objectif prioritaire. En fonction de la durée
de vie supposée sera-t-on curatif ou palliatif ? La réponse à cette question est essentielle, souligne le Dr Isabelle Defouilloy, gériatre angéiologue (CHU Amiens). Les maîtres mots dans ce contexte sont « SPECIAL » : S comme stabilisation des plaies, P comme prévention des nouvelles plaies, E comme élimination des odeurs, C comme contrôle des odeurs, I comme infection, A comme absorption de exsudats, L comme limiter la fréquence de réalisation des pansements.
La qualité de fin de vie d’une personne âgée malade est encore sous-optimale ; il faut encourager les protocoles anticipés de prise en charge. Le Docteur Ingrid Binot (CHU Amiens) rappelle l’évolution de la législation depuis la loi Kouchner (2002) jusqu’à celle du 2 février 2016 qui modifie les dispositions relatives à la fin de vie. Cette dernière loi (loi Léonetti-Clayes) permet notamment d’améliorer l’accès et l’utilisation des directives anticipées (rôle de la personne de confiance) ; de mieux répondre à la demande d’une fin de vie digne, accompagnée et apaisée, avec une meilleure prise en charge de la souffrance ; de conforter la volonté du patient dans le processus décisionnel ; de clarifier le refus de l’obstination déraisonnable et d’instaurer un droit à la sédation profonde et continue selon une procédure stricte. En gériatrie, la limitation et l’arrêt des thérapeutiques actives (LATA) constituent des décisions parfois difficiles à prendre, notamment en raison du peu de demandes anticipées et de la présence fréquente de troubles cognitifs. Il convient en effet pour l’équipe soignante d’estimer si l’on est ou pas en situation d’obstination déraisonnable. L’évaluation des pratiques professionnelles dans la LATA devrait permettre de préciser des projets de soins d’accompagnement personnalisés.
Quand le cancer s’ajoute aux difficultés liées à l’âge
Un patient sur trois, atteint d’un cancer, a plus de 75 ans. L’oncogériatrie, née dans les années 80, a pour but d’améliorer la prise en charge globale : dépistage de la fragilité par une évaluation oncogériatrique approfondie, contribution à la prise en charge médicale pluridisciplinaire des cancers et suivi personnalisé des patients âgés fragiles dans le cadre de la consolidation du lien hôpital-ville.
Le Docteur Odile Gagneur, gynécologue (CH Amiens) insiste sur le fait que 25 % des cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes de plus de 75 ans, parfois à un stade avancé. Elle alerte sur le fait que toute masse palpable est susceptible, chez la femme âgée, d’être cancéreuse. En général, il s’agit de cancer peu agressif, peu prolifératif et le plus souvent hormonosensible. A noter que l’âge ne constitue pas une contre-indication chirurgicale.
Le développement des thérapies anticancéreuses par voie orale nécessite, chez les patients âgés, un accompagnement officinal très attentif. La dispensation d’une chimiothérapie orale ne s’improvise pas : elle se prépare et se pratique en espace de confidentialité, souligne Danielle Roquier-Charles. Le traitement doit être expliqué au patient et à son aidant en tenant compte des difficultés cognitives éventuelles de l’un ou de l’autre. Aux soucis classiques relatifs à la bonne observance, à la prévention et la gestion des effets
indésirables, à la détection des interactions médicamenteuses, s’ajoutent les risques augmentés, du fait de la chimiothérapie et de l’âge, d’infections, de déshydratation, de dénutrition et de troubles cognitivo-comportementaux ….
L’évaluation gériatrique globale et l’orientation thérapeutique en oncogériatrie a beaucoup à gagner avec l’utilisation de logiciels plurithématiques permettant d’harmoniser la prise en charge des patient, la communication rapide et efficace avec l’ensemble des intervenants. Le Docteur Roxana Fournier en a fait une brillante démonstration en présentant le développement informatique réalisé par l’UCOG (Unité de coordination en oncogériatrie) Picardie. Un modèle pour développer le partage des informations ville-hôpital.
« Fédérer les blouses blanches du Trégor, travailler ensemble en collaboration pour améliorer le parcours de soins des patients ». Ces paroles chères à Carole Mac Garry sont devenues réalité en ce premier congrès interprofessionnel UTIP/Hôpital. Une journée porteuse d’avenir a conclu Alain Guilleminot, président de l’UTIP. Les formations post-universitaires gagnent à s’effectuer « en interprofessionnalité ». Ce qui permet entre autres de renforcer les liens ville-hôpital.
Danielle Roquier-Charles

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